L'inspiration n'existe pas
Et c'est une bonne nouvelle!
Tu attends le bon moment. Celui où l’inspiration arrivera. Celui où tu pourras finalement t’assoir et écrire ce que tu as dans les tripes. L’inspiration viendra te souffler le plus beau des textes dans l’oreilles et ton rêve d’être un.e auteur.e se réalisera enfin!
Tu attends depuis combien de temps déjà? Un mois, six mois, des années?
Pssst.
Je vais péter ta balloune tout de suite. L’inspiration n’arrivera jamais. Je le sais, je l’ai attendu pendant longtemps et c’est la raison pour laquelle je me permets de te dire ça avec beaucoup d’amour!
Le mythe romancé de l’écrivain
On nous a vendu le mythe de l’écrivain torturé, consommant toutes sortes de substances pour arriver à créer ou, possédé d’un tel talent brut que les mots coulent seuls sur la page.
COUPEZ. On n’est pas Hollywood.
Victor Hugo? Il écrivait tous les jours de 9h à midi. Comme un comptable. Avec des objectifs de mots. Il s’enfermait nu dans son cabinet de travail pour ne pas pouvoir sortir tant que sa journée n’était pas faite. (Oui, nu. Vraiment. C’est dans ses biographies.) Tu peux t’habiller aussi hein! Au Québec il fait souvent trop frette pour écrire nu!
Haruki Murakami? Il se lève à 4h, écrit pendant 5-6 heures, va courir 10 km, lit, et se couche à 21h. Il appelle ça « la méthode du moine ». Pas une muse. Une méthode.
Maya Angelou? Elle louait une chambre d’hôtel anonyme et y allait tous les matins à 7h pour écrire. Pendant 40 ans. Toujours la même routine.
Tu vois les ressemblances?
Les écrivains qui écrivent n’attendent pas l’inspiration. Ils ont un horaire.
La formule de l’inspiration
Je ne suis pas super forte en sciences, mais grosso modo voici le principe : si tu lances quelque chose du haut de la tour Eiffel, ça va retomber au sol. Si tu te mets à écrire, l’inspiration viendra.
C’est ça la formule gagnante : l’inspiration n’est pas un déclencheur. C’est une conséquence.
Tu écris d’abord. Pendant 15 minutes. Pendant une heure. Tu te bats avec une phrase. Tu trouves ça poche. Tu continues quand même.
Et là, vers la 23ᵉ minute, quelque chose se passe.
Tu n’as même pas le temps de t’en rendre compte. Tu glisses dans l’histoire. Les mots viennent un peu plus vite. Tu trouves une image que tu n’avais pas vue venir. Ton personnage te surprend.
Ça, c’est l’inspiration.
Elle est arrivée APRÈS que tu te sois assise. Pas avant. Et c’est mathématique : si tu attends qu’elle vienne pour t’asseoir, tu n’écriras jamais.
Les 4 pratiques conscientes qui « invitent » les idées
Bon. Je viens de te dire que l’inspiration ne tombe pas du ciel. Mais il y a quand même des moments où les idées surgissent plus facilement. Pas par magie. Par neurologie (je sais que je parle beaucoup de science, mais tsé je suis nerd un peu alors je fais des recherches quand le sujet me plaît!)
Ce sont des actions que je fais consciemment depuis des années et sans te dire “100% garantie ou argent remis” je t’invite à les essayer!
1. La marche
Pas la course. La marche. Lente, sans musique, sans téléphone. Préférablement dans un endroit où tu peux voir un peu de nature. Moi j’ai la chance d’avoir le fleuve, une source constante d’inspiration!
Beethoven adorait prendre des marches. Steve Jobs faisait toutes ses réunions importantes en marchant. Nietzsche disait : « Toutes les vraies pensées viennent en marchant. »
Pourquoi? Parce que le mouvement rythmique du corps libère le mode «divagation» du cerveau, celui qui fait les connexions inattendues et parfois saugrenues!
2. La douche
Certaines des meilleures idées arrivent sous la douche ou dans mon cas, en prenant mon bain, rempli de sels d’epsom et d’huile essentielle de lavande.
Encore une fois, ce n’est pas magique. C’est que tu es dans un état semi-conscient, sans stimulation extérieure, et ton cerveau en profite pour faire des liens.
Petit truc : garde un calepin de notes ou ton téléphone pas trop loin pour conserver tes idées (fais attention de ne pas l’échapper dans le bain!)
3. La vaisselle (ou le jardinage, ou le tricot)
Toute activité manuelle répétitive et un peu ennuyeuse fait pareil. Ton corps est occupé, ton cerveau est libre.
J’aurais honnêtement jamais pensé dire que j’aime faire la vaisselle, mais j’avoue que j’ai “écrit” souvent en récurant des casseroles!
J’adore aussi désherber mes quelques bacs de plantes l’été, mais le tricot ça jamais!!!
4. L’ennui volontaire
Le grand absent de notre époque.
Tu te souviens, dans les longues fins d’après-midi d’enfance, quand il pleuvait et que tu n’avais rien à faire? Cet ennui-là?
Il a disparu. Dès que tu as 4 secondes de libre, tu sors ton téléphone.
Range-le. Quinze minutes par jour, sans téléphone, sans tablette, sans musique, sans rien. Assis, couché ou même sur la tête si ça te tente! Regarde le mur si tu veux. C’est dans ce vide que les idées émergent.
Le rituel de Victor
Inspiré par tous écrivains qui ont une routine pour “générer de l’inspiration”, voici ce que je te propose, à partir de demain matin :
Tu t’assois. Avant de te demander si tu as l’inspiration. Tu t’assois.
Tu mets 15 minutes au minuteur. (Pas négociable. Pas « 5 minutes pour voir ». Quinze.) Et je te parlerai un jour de mon surnom “la reine de la minuterie”, tu comprendras pourquoi j’insiste!
Tu écris n’importe quoi. Une liste d’épicerie déguisée en poème. Un rêve que tu as fait. Un collègue qui te fait suer. ÉCRIS!
Tu ne juges pas ce qui sort. Le jugement, c’est pour plus tard.
Au bout de 7 jours, tu auras compris quelque chose d’important : l’inspiration t’attendait. Pas l’inverse.
Tranche de vie : Pendant des années, j’ai cru que je manquais de temps pour écrire ou que je n’avais pas assez de talent. J’écrivais quand l’envie me prenait. C’est-à-dire une fois de temps en temps, entre trois quatre autres projets. J’avais 12 cahiers commencés et zéro fini. Le jour où j’ai accepté qu’écrire, c’est un métier (pas un coup de foudre), j’ai écrit mon premier roman en 9 mois. À raison de 30 minutes par jour. La muse est arrivée au jour 27. Elle est restée. Mais elle est venue parce que je l’attendais ASSISE, pas debout.
Sept jours pour inviter l’inspiration
Tout ce blabla t’as inspiré à t’asseoir et à découvrir ce qui pourrait émerger de toi?
Mon Défi 7 jours d’écriture consciente peux t’aider!
Une consigne par jour, livrée le matin. Aucune muse exigée à l’inscription. Juste une volonté de t’asseoir, et un minuteur.
PS : La prochaine fois que tu te diras « j’attends d’avoir l’inspiration », rappelle-toi : Hugo s’enfermait nu. Tu peux bien t’asseoir en pyjama!



